Témoignage d’un porteur de projet – une entreprise ESS

La P’tite tambouille de Céline Audidier

A 27 ans, Céline Audidier a été rattrapée par son enfance. Les moments partagés avec sa grand-mère à confectionner des recettes de produits ménagers ont donné vie à son projet entrepreneurial.

Jusqu’ici, la trajectoire étudiante et professionnelle de la poitevine s’inscrivait dans le commerce. Un bac pro, un BEP puis un BTS MUC à l’ESA l’ont conduit à travailler 7 ans dans différents magasins de prêt-à-porter. En août 2019, elle décide de changer de cap. « Même si j’aime le contact avec les clients, je ne trouvais pas ma place. Je ne m’épanouissais pas. » Sa décision de changer d’orientation ne s’est pourtant pas imposée du jour au lendemain mais est le fruit d’un doux cheminement naturel. « Alors que j’étais en BTS j’ai eu des problèmes de peau et j’ai fait des réactions allergiques. » Elle interprète cet épisode comme un appel du corps qui fait écho à sa passion d’enfant, profondément enracinée en elle.

« Je voulais vivre de ma passion »

« J’ai toujours aspiré à un mode de vie sain et naturel. Ma grand-mère est passionnée de phytothérapie, aromathérapie…. Avec elle j’adorais faire des recettes de produits ménagers dans la cuisine, le côté apprenti sorcier, la créativité de la tambouille me passionnaient ! ». L’idée a germé de faire évoluer ces « tambouilles » en concept de kits. Confortée par le fait que « le do it yourself a le vent en poupe », Céline décide de répondre à l’envie d’avoir sa propre affaire qui poussait en elle depuis son enfance. « Dès que j’ai commencé à entamer cette transition vers le naturel et la limitation de l’impact écologique ça a été une re-révélation ».

3 sortes de kits

Avant de pouvoir être commercialisées, ses recettes vont devoir être certifiées par un laboratoire. « Le processus est relativement long, 2 à 3 mois, et onéreux, 300 à 500 € par recette ». Aussi, dans un premier temps, la jeune femme compte proposer 5 recettes dans chacune des 3 thématiques qu’elle a définies : cosmétique, produits d’hygiène et entretien de la maison. « Je vais proposer des kits de fabrication minimalistes afin de limiter le gaspillage des ingrédients. Au maximum 4 ingrédients seront nécessaires à mes recettes. Chaque kit contiendra les matières premières brutes, les ustensiles, les contenants, des protections pour respecter les normes d’hygiène et une notice explicative. » Céline va plus loin dans le sens qu’elle veut donner à son entreprise. « Certains de ces kits seront associatifs : 1 € sera reversé au refuge SPA de Poitiers ou à Abeilocales. D’autres proposeront une alternative 0 déchet en collaboration avec des créateurs locaux. »

En plus des kits, Céline proposera des ateliers de confection, à domicile, dans les entreprises, les magasins partenaires et les hôpitaux. « Ayant déjà fait du bénévolat auprès du CHU, je sais que l’idée les séduit ».

Un accompagnement essentiel

Conseillée par son conjoint, lui-même entrepreneur, Céline a contacté l’ADIE dès l’émergence de son projet afin de bénéficier d’un accompagnement gratuit. « J’ai suivi la formation de 6 semaines qui concentre toutes les casquettes nécessaires à l’entrepreneur. Cette formation intense permet de peaufiner le projet ». L’oral de fin de formation devant un jury de 8 personnes la conforte dans le bien-fondé de son projet en même temps qu’il lui ouvre un réseau et des possibilités de financement. C’est à cette occasion que Céline fait la connaissance de CAPEE. « Je les ai contactés après ma formation, fin février. J’apprécie leur disponibilité. C’est rassurant de savoir qu’ils sont présents si j’ai besoin de conseils ».

Prochaine étape, une campagne de financement participatif sur la plateforme j’adopte un projet. Une aventure à suivre sur Instagram, « ma p’tite tambouille »

Article de S. Guitonneau